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PostPosted: Tue Jul 08, 2008 7:48 am 
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En 1964, Jean-Luc Ponty, vingt-deux ans, triomphe au festival de jazz d'Antibes.

08 July 2008
L'Humanité

En 1964, Jean-Luc Ponty, vingt-deux ans, triomphe au festival de jazz d'Antibes. À la fin des sixties, le prince du violon tente sa chance aux États-Unis, où les plus grands artistes le repèrent aussitôt. Zappa n'est pas du genre à zapper un musicien aussi inventif. Il enregistre avec le jeune Français l'album King Kong (1969), pierre angulaire du courant le plus novateur de la fusion.

Dans le somptueux Théâtre antique de Vienne, en plus de son programme à la tête de son groupe franco-africain, Ponty reprendra, avec l'orchestre de Basse-Normandie (1), quelques perles de cet opus légendaire, lors de la soirée en hommage au rockeur et compositeur américain.

Que ressentez-vous, en vous plongeant de nouveau dans le répertoire de Frank Zappa presque quatre décennies plus tard ?

Jean-Luc Ponty. C'est vrai que je ne l'avais pas réécouté depuis longtemps. Je retrouve avec plaisir les mélodies ciselées de Zappa. Pour moi, le meilleur de cet artiste prodigieux se concentre dans sa musique instrumentale. Au festival Jazz à Vienne, je vais jouer trois de ses pièces, Idiot Bastard Son, Twenty Small Cigars et King Kong, titre éponyme du disque que j'ai enregistré en collaboration avec lui en 1969.

Comment avez-vous rencontré Zappa ?

Jean-Luc Ponty. Par l'intermédiaire d'un producteur américain qui lui avait fait écouter un disque live que j'avais gravé avec George Duke, lors de mon séjour américain en 1968. Frank Zappa a accepté d'assurer l'écriture et les arrangements de pièces que j'allais enregistrer sous sa direction artistique. Ainsi, les séances de King Kong ont eu lieu en 1969. L'album a eu du succès. Après l'avoir entendu, Elton John m'a proposé de participer à son disque Honky Château (1972). J'ai dédié ma vie à l'improvisation. La façon dont Zappa cassait les barrières m'avait aussitôt interpellé. Je venais du jazz et lui du rock. Frank s'intéressait énormément aux musiques du monde, avant que celles-ci deviennent à la mode. Je me souviens du jour où il m'a fait écouter une cassette de polyphonies bulgares. Il écrivait des oeuvres de vingt minutes, il se foutait complètement de rentrer dans un cadre. Pourtant, le formatage commençait à frapper. On nous demandait des versions courtes pour les radios. C'était un type très ouvert, exceptionnel.

En 1973, Zappa, exigeant au niveau des musiciens, vous a demandé d'intégrer son groupe, The Mothers of Invention. Un événement.

Jean-Luc Ponty. Il a également fait appel à George Duke. Mais les impératifs du business se sont en quelque sorte imposés. En concert, les chansons ont pris de plus en plus d'espace, au détriment de la musique instrumentale. J'ai commencé à m'ennuyer et suis parti. Mais cela n'enlève rien à la richesse de l'expérience partagée, en particulier sur le plan de la recherche sonore. Je menais des investigations sur le violon électrique, tandis qu'il se passionnait pour les pédales wah wah et autres nouvelles techniques.

Comment réagissez-vous à la crise qui prévaut dans l'industrie musicale ?

Jean-Luc Ponty. Je suis inquiet pour les nouvelles générations. Il commence à se passer en France ce qui s'est imposé au fil des années aux États-Unis : l'hégémonie du profit. Savez-vous que des groupes inconnus outre-Atlantique acceptent de se produire gratuitement dans les clubs, ne serait-ce que pour confronter leur musique avec le public ? On m'a rapporté que certains en viennent même à payer les patrons de boîte ! Ça devient catastrophique. L'art joue un rôle important dans la société humaine. S'il se marchandise complètement, c'est un pan de liberté que nous perdons : liberté de penser, créer, protester.

Vous, dont les sons, du fait de leur originalité, ont été régulièrement samplés, approuvez-vous l'accès gratuit à la musique ?

Jean-Luc Ponty. Dans un monde idéal, ce serait peut-être chouette, bien que l'on ne puisse prévoir les effets pervers. Il faudrait que l'artiste puisse, lui aussi, aller se servir sans payer dans les magasins afin de pouvoir subsister... Le fait que la place de l'artiste et de l'art soit sans cesse rognée est dangereux pour l'ensemble du corps social. Lancer une réflexion à ce sujet me semble une urgence.

(1)10 juillet, 20 h 20,

Jean-Luc Ponty Band

et l'Ensemble de Basse-Normandie, Théâtre antique de Vienne (38).


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